Histoire du village

Histoire du village

En 20 ans, le «Village gai » est devenu la réussite la plus visible de la puissance commerciale et démographique de la communauté gaie montréalaise. Situé grosso modo à l’intérieur du quadrilatère formé par les rues Berri, Ontario, Papineau et par le boulevard René-Lévesque au sud, l’ancien « Faubourg à Mélasse » s’est peu à peu transformé en quartier gai suite à l’installation rue Sainte-Catherine en 1982 et 1983 de plusieurs bars pour hommes, dont MAX.

D’autres croient plutôt que la véritable naissance du Village remonterait aussi loin qu’en 1974, lors de l’installation boulevard de Maisonneuve Est du sex-shop Priape. Jusque-là, et au moins depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les lieux de rencontres et de socialisation gais étaient principalement dans le centre-ville autour de l’axe des rues Peel et Sainte-Catherine.

Pour expliquer ce mouvement migratoire vers l’est de la ville, deux thèses s’affrontent. Pour certains, la venue des Jeux olympiques en 1976 aurait servi de prétexte aux autorités municipales pour « nettoyer » le centre-ville; pour d’autres, cette migration traduisait le déclin économique et culturel relatif de l’ouest anglophone face à l’est francophone. Bien sûr, d’autres explications sont aussi avancées. Le déménagement de la Société Radio-Canada dans son immeuble actuel ainsi que l’émergence du campus de l’UQÀM y ont attiré de nombreux artistes, étudiants, enseignants et artisans. Alors à l’étroit dans l’ouest, les commerçants trouvent des loyers peu coûteux dans ce quartier défavorisé, mais situé près d’un nouveau pôle de développement.

Quant aux lesbiennes, elles et leurs bars se sont installés dans le secteur plus tardivement, surtout après le début des années 1990. Auparavant, elles fréquentaient surtout des établissements de la rue Saint-Denis et du quartier du Plateau Mont-Royal. L’embourgeoisement du Plateau a probablement accentué ce mouvement vers le sud de la ville.

Le Village compte aujourd’hui quelque 300 commerces, représentés par la Société de développement commercial (SDC) du Village, s’identifiant à la communauté gaie : bars, restaurants, boutiques, hôtels, mais aussi des entreprises de services professionnels, techniques ou esthétiques.